Petite enquête sur la création de l’Artiste moderne

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Tout commence par ce poste sur Instagramme.

Hello,

Personnellement me qualifier d’artiste sonne faux à mes oreilles. En trainant  sur les réseaux sociaux, une chose paraissait naturelle le « #artiste ». Ceux qui le mettent,  se définissent comme Artistes (dans le sens moderne du terme). Pour beaucoup, en voyant leurs travaux on ne peux que les qualifier d’Artistes. Cela va de soi.  En postant un petit dessin, je me suis fait la question (celle- ci dessus). Quand peut-on dire que l’on est « Artiste »?

Cette question m’a réellement travaillé, j’ai réfléchit à une manière à satisfaire ma curiosité. Ne me définissant pas comme-t- elle, je peux définir ce qu’est être un Artiste. J’ai fait quelques lectures et recherchent.  Je vous propose une assez longue réflexion, sur l’artiste. Pas le conventionnel (conf. académisme) qui reste une grande source  d’inspiration. Je vous laisse avec ma réflexion à travers  3 œuvres qui me semblent être des œuvres ruptures, qui m’ont aussi touché personnellement et un lieu qui semble d’être un entre- deux: le musée d’Orsay.


La libération de  «l’émotion social»* pour  l’Artiste fin XIXe début XXe.

( à partir d’œuvres du musée d’Orsay)

 

 

Ces trois œuvres représentent la fin du XIX siècle,  chaque artiste choisit  de représenter leurs temps par leurs techniques, leurs touches picturales et enfin leurs réflexions. Dans ces toiles, la sensibilité n’est pas la même,  chacun invite le public à entrer dans son  monde sensible. L’artiste à la fin du XIXe siècle devient un « artiste pur » (ou artiste moderne),  il va s’émanciper de  « l’art- sociale ». Cela s’explique en partie  par le changement successif de régime faisant du XIXe siècle un véritable laboratoire politique*².

La période entre ces trois tableaux montrent un changement  qui parait s’accélérer. Dans le domaine de l’art  académique, entre les années soixante et le début du XXe siècle, va être fortement remit en cause par les artistes. Ils ne vont plus se laisser influencé par cette institution qui  donne jusque-là ce qui devait être peint et représenté, c’est ce que l’on peut appeler un « art- social ». Par « art- social »,  il faut comprendre un art standardisé par les beaux-arts, qui impose des règles normatives. L’artiste va se libérer de ses normes pour devenir un « artiste pur ».

Ce que l’on va appeler un « artiste- pur » ou tout simplement l’art moderne. L’artiste devient alors un « homme sensible ».  Comme le définit A. Rey  et J. Rey- Debove, dans leurs Dictionnaire alphabétique et analogue de la langue française, la sensibilité est une  « 1- Propriété (d’un être vivant, d’un organe) d’être informé des modifications du milieu (extérieur ou intérieur) et d’y réagir par des sensations. ». L’artiste par sa sensibilité cultive un Goût qui lui est propre. Vers la fin du XIXe siècle, «  l’art- social » perd sa place au détriment de  l’art moderne  au XXe siècle.

C’est avec la construction du musée d’Orsay  construit le 20 octobre 1977 par une décision du conseil interministériel. Ce nouveau musée donne à redécouvrir l’art oublié de la moitié du XIXe siècle. Le public peut y voir un décalage avec l’art moderne. Les lieux et les œuvres représentés  sont  complémentaires. Le bâtiment  est une ancienne gare construite par l’architecte Victor Laloux,  choisit par l’hôtel de ville  en 1898. Il s’achève en deux ans. Le style architectural  se fond littéralement dans la ville, la gare est un bâtiment imposant et élégant. Ce bâtiment allie deux aspects: 

  • l’un moderne par sa structure métallique, ses ascenseurs.
  • Et l’autre plus « classique » par le faite que les structures métalliques sont cachées  dans un soucis  de s’accorder à l’architecture avoisinant. 

La bâtisse en soi dégage cette contradiction entre classicisme et modernité, tout comme l’art de la moitié du XIXe qui se voulait classique mais résolument moderne par l’approche du sujet. Même si l’académisme accapare tout l’espace artistique par sa réglementation. Cela n’empêcha pas à certains artistes d’innover.

La période de la fin du XIXe siècle, est une période ou les mœurs se modifient,  surtout sur Paris ou les contemporains peuvent avoir l’impression d’un changement avec la modification du paysage urbain. Le changement vient aussi avec vers la fin de l’empire avec un accès à la culture plus important (même si cela ne reste qu’un balbutiement). Par exemple, on peut voir cela avec le développement des bibliothèques allant de 4833 en 1865 à 14 395 en 1869. Cela montre un regain pour la lecture mais ne veux pas dire que la population est alphabétisé pour autant : 39% des femmes contre 26% des hommes ne le sont pas. L’art est à cette même époque plus ouvert, mais reste tout de même réserver à une certaine partie de la population assez aisé. C’est dans un contexte de changement, que l’art suit le mouvement.

Une œuvre académique: un art conventionné 

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Léon Belly (1827-1877), Pèlerins allant à La Mecque, 1861.
Je ne vais pas m’attarder sur cette œuvre célèbre.  Ce tableau est ici pour faire écho aux deux autres tableaux. Cette œuvre est très esthétique, elle mise sur le beau, le romantisme de l’orientalisme (en vogue). Elle suscite de grande émotion, mais contrairement au deux autres tableaux. Il n’interpelle pas le spectateur sur une sorte de malaise. L’art académique ne se résume pas entièrement à cela.

(cliquez sur le cartel pour en savoir plus sur cette très belle œuvre)

 

Un art « rupture » en deux œuvres:

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Odilon Redon, les yeux clos, 1890.

« J’ai fait un art selon moi » confidences d’artiste, 1894, Odile Redon.

Odilon Redon est un artiste qui ne se rattache à aucun mouvement, ni à aucune école.

C’est « l’artiste pur » évoqué plus haut, cet artiste invite le spectateur à entrer dans son monde onirique. Cette toile en est là preuve.  On y découvre une femme, qui n’est autre que son épouse, les yeux clôt. On voit de cette femme que son visage et son épaule droite, le reste de son buste disparaissent dans un décor abstrait.

Une œuvre rupture ?

Dans ce tableau Odilon R. rompt avec le noir et le blanc pour utiliser de la couleur. Mélancolique dans l’âme, il a toujours été un artiste tourmenté. Ce tableau ouvre une nouvelle période pour l’artiste, il l’avouera plus tard que c’est une période où il reprenait goût à la vie. Cette œuvre renoue Odilon à la couleur. C’est le premier tableau qu’il choisit pour le donner au directeur du musée de Bruxelles en 1904. Dans son art en général Odilon Redon impose ses visions chimériques, il se crée un monde sensible tout à fait subjectif. Son art donc tourne autour de lui : « j’ai fait un art selon moi ». Cette courte phrase est lourde de sens, en 1890 les deux grands mouvement son l’impressionnisme, le Nabis qui apparaît en 1888 avec le tableau du talisman de Paul Sérusier. Odile Redon se rapproche plus du courant symboliste, qui est comme le dit le poète Jean Moréas le fait de « Vêtir l’idée d’une forme sensible ». Le tableau des yeux clôt peut être rapproché à un autre tableau de cette même époque acquis par le musée d’Orsay en 1977.

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Eugène Carrière (1849-1906), Femme à mi-corps, les yeux clos Portrait.

C’est l’œuvre de Eugène Carrière (1849-1906) Femme à mi-corps, les yeux clos Portrait. La femme a un air perdu dans ses rêves chimériques pour E. Carrière et l’air de la femme de Redon est « mutine ». Cette mise en scène n’a rien de bien nouveau sûrement est ce un souvenir du peintre sur des tableaux d’ancien maître. Mais ce qui rend en un sens « unique » cette œuvre c’est la couleur pour Odile Redon.  La lumière venant de gauche donne l’impression d’immersion de la femme dans l’eau. Les couleurs ternies et délavées montrent une spontanéité et une grande sensibilité. Cet aspect négligé peut être perçu comme une hésitation. On retrouve un trait qui se double au niveau de l’épaule qui émerge,  d’autre trait d’esquisse sont visible dans les cheveux. Ses traits témoigne d’une force graphique innée.

Œuvre subjective :

L’artiste donne à voir un travail très subjectif rendant le spectateur plus réceptif. La dimension du tableau un visage assez grand est en opposition avec l’intimité qui se dégage du tableau. Rendant tableau sensible dans la fragilité d’un moment.  La touche picturale de Odile Redon est très douce allant de pair avec le jeu de lumière et de transparence, que l’aquarelle permet de mieux transcrire. . Une femme évoluant dans un environnement quasi abstrait accentué par le faite que la femme n’est pas centrée. Seul la lumière donne un peu de relief.

Ce qui frappe au premier abord c’est bien sur c’est de voir un visage, qui reste replié sur lui-même. Est-elle sereine? Comment à t-il ressentis son œuvres, quel fut son état psychologique ? Un artiste qui retrouve la couleur reste encore timide en donnant un aspect délavé. Ce tableau appel au recueillement et au respect du silence de la femme.

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Félix Vallotton, Intérieur, femme en bleu fouillant dans une armoire, 1903.

Nabis, exemple d’un mouvement rupture.

Félix Vallotton entre dans l’académie de Julien en 1882, six ans plus tard, le Nabis naître en 1888. Mouvement qu’il soutient dès ces début. Les artistes Nabis s’interrogent  sur la création d’un nouvel art.

La création de l’artiste ?

La fin du XIXe siècle invite les artistes à trouver de nouvelle façon de s’exprime. Avec la rigidité de l’Académie, il y une prolifération de nouveaux courants artistiques qui vont être soit une continuité allant plus loin que le courant précédant (ex : le néo- impressionnisme). Ou d’autres qui veulent crée la rupture (ex : l’art nouveau contre le naturalisme) L’“Autonomisation des champs littéraire et artistique”* va permettre à l’artiste de s’exprimer plus librement.  N’empêchant les artistes  de nouveau s’enfermer d’eux même dans « un courant ». Cela explique sûrement beaucoup de courants, de sous-courants, de courant alternatif. L’artiste  trouve lui-même sa place en se créant de ses propres mains. Il se redéfinit. Ce que l’on voit c’est que durant la vie d’un artiste, il peut changer de courant à sa guise.

Félix Vallotton un artiste de son temps : Une scène du quotidien- une photo d’époque

Dans ce tableau on découvre une femme de dos vêtu d’une robe de chambre bleu, elle se détache clairement de la pièce ou elle évolue. Dans un premier plan un tapis au gros motif est posé sur du parqué. A droite on voit un bout d’armoire. Juste à côté on découvre un coin de la salle, ou on voit quatre tableaux accrochés de ci de là des murs. En dessous une on devine une petite table ronde recouvert entièrement d’un tissu avec des motif verticale. En continuant vers la gauche on aperçoit une porte blanche d’un armoire encastré dans le mur. Une femme semble y chercher un objet.

L’angle de vu abordé la est très intéressant D’autre artiste de son temps pour figurer la réalité du corps féminin en enlevant tout les codes érotiques ouvrant la voie à une nouvelle forme picturale.

Par un jeu de verticalité, accentue la position de la femme et sa tête penchée. l’ artiste est au antipode des vénus exposer dans les grands salons d’arts (haut lieu de sociabilité ou se fond la réputation d’un artiste). Par son œuvre, il y a toute une réflexion sur son travail, et ce qu’il a envie de faire ( sa liberté).

Pour conclure:

Autonomisation des champs littéraires et artistiques”*.

A travers œuvres, l’artiste pur prend son essor. L’artiste n’est pas qu’une œuvre, c’est un long processus de pensé et de réflexion. On ne devient pas artiste, on le réfléchit, l’expérimente, le vivre. Il ne suffit pas qu’une personne définisse l’artiste d’être artiste, il faut également que ce dernier ce perçoit comme tel.

D’autre artiste comme,  Manet va être une figure de prou pour cette recherche de séparation de son œuvre de toute autre autorité académique, ou mondaine qui finalement emprisonne le peintre dans son travail qui devient une production prédigéré par l’académie. L’artiste cesse d’être il est aspiré dans un appareil hiérarchisé, normatif, contrôlé par un corps extérieur. Or l’artiste pur est l’antithèse même du normatif,  c’est ce que Manet montre dans son œuvre  en ruinant les règles instaurées par l’académie des beaux arts. il instaure une pluralité des points de vues. A la fin du XIXe se crée autour de Manet mais aussi dans la nouvelle génération d’artiste qui vont faire de l’art pour l’amour de l’art non plus pour cet art social. Apparaît alors l’image de l’artiste maudit celui qui sacrifie sa vie avec un certain héroïsme pour l’art. Cette image on la retrouve beaucoup dans la littérature notamment avec Zola  et son livre L’œuvre.    


* Lucien Febvre, sensibilité et histoire, 1941.

*² Conf. L’historienne E.  Demartini.

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